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"Jeter des passerelles entre les deux rives du Lac Léman" Imprimer Envoyer

Le Canton de Vaud participe depuis plusieurs années à une politique transfrontalière volontariste dans l'Arc jurassien et le Bassin lémanique, en développant des échanges avec les régions françaises limitrophes amies. Fidèle à la tradition d'ouverture de mon canton, j'ai le privilège et le plaisir, en tant que Président du Gouvernement vaudois en charge des relations extérieures, de reprendre la présidence du Conseil du Léman et de la Conférence TransJurassienne dès le 1er janvier 2008.

A n'en pas douter, le Conseil du Léman est le levier principal du Canton de Vaud pour le développement des projets de collaboration avec les collectivités françaises du Bassin lémanique. Cette région, qui est en train d'émerger, connaît un développement important des échanges entre les deux rives du Lac Léman. Cette tendance s'accentue aussi avec la mise en œuvre des Accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne.

Les nombreux projets développés par le Conseil du Léman sont une illustration concrète de l'esprit de collaboration et d'amitié qui règne d'une rive à l'autre du Lac Léman et qui contribue à renforcer le sentiment d'appartenance à cette communauté lémanique, dont l'identité ne cesse de s'affirmer.

La collaboration transfrontalière est d'abord une manière de vivre l'Europe au quotidien. Cette coopération de proximité n'est pas toujours aisée, puisqu'il s'agit d'apprendre à travailler avec des partenaires différents. Ils n'ont pas la même histoire ni complètement les mêmes références socioculturelles. L'objectif d'assurer à cette région lémanique une place de choix dans l'Europe des régions en construction se traduit concrètement par l'action du Conseil du Léman, qui est à une période charnière où de nouveaux défis s'annoncent. A l'heure où les règles du jeu sont planétaires, où l'on parle de mondialisation et de globalisation, je reste convaincu du rôle fondamental que sont amenées à jouer les entités comme le Conseil du Léman, à leur échelle bien sûr…

A un moment où les flux d'informations et des personnes s'accentuent, il faut garder à l'esprit les plus-values incontestables de la coopération transfrontalière : l'ouverture, les contacts, les échanges d'informations et la mise en commun des forces et des ressources. Les habitants de la région lémanique vivent au quotidien la coopération transfrontalière et sont en droit d'attendre des instances de coopération franco-suisse qu'elles se saisissent des projets et apportent des réponses à leurs questions et besoins. La collaboration transfrontalière est aussi un défi particulier, celui d'aller à la rencontre de l'Autre, à la découverte de sa culture et de ses sensibilités, une démarche qui, même dans notre société dite de la communication, ne va pas de soi.

Convaincu que la collaboration transfrontalière mérite mieux que l'image qu'elle a parfois, mais aussi lucide sur les difficultés et les limites qu’elle connaît, j’aimerais contribuer, dans le cadre de ma présidence de deux ans, à donner une impulsion décisive pour que le Conseil du Léman, avec ses 20 ans d'existence, développe des actions visant à jeter des passerelles entre les populations de nos deux pays et illustre ainsi sa place, sa raison d'être et sa spécificité, à côté d'autres organismes comme le Comité Régional Franco-Genevois. Par le biais des réseaux mis en place dans les domaines économiques, des transports, de la formation ou du développement territorial, nous voulons unir nos forces pour renforcer les potentiels indiscutables de cette belle région au cœur de l’Europe.

Ces priorités proposées, je compte sur chacun d'entre vous pour mener à bien ce renforcement. Je prends déjà rendez-vous à fin 2009 pour le bilan de ces deux années de présidence vaudoise du Conseil du Léman.

 

Pascal BROULIS
Président du Conseil du Léman,
Président du Gouvernement Vaudois